Exposition Maria COLONNA

11 août 2007 - 3 septembre 2007

« Est-ce que tu bois beaucoup de jus d’orange ? Ou peut-être simplement manges-tu souvent de ce fruit ?

Non, désolé, rarement.

Dommage, je t’aurais demandé de me garder toutes les peaux de ces fruits pressés ou épluchés, et celles des pamplemousses et autres agrumes… Car voilà le point de départ de cette exposition : la peau, la pulpe, l’albedo ou les zestes de ces fruits sont les matériaux de mon travail, assemblés, contrecollés sur de la gaze, de la tarlatane, ils deviennent le support de mes recherches, et le jus des agrumes se fait teinture ou pommade.

Seraient-ce alors des œuvres éphémères ?
Non, disons plutôt que, si elles ne sont pas conçues de telle sorte, elles restent vivantes.

Mais, d’où t’est venue cette idée, ce besoin ?
Cette exploration sans fin de l’agrume s’implique dans la reconstruction de la mémoire, elle s’attache à sa restitution, à celle de l’être absent, à celle des espaces perdus. Elle est passerelle entre culture et nature, entre occident et orient.
Est-ce que cela veut dire que tu ressens encore un déchirement, un déracinement ou une tension entre tes origines corse et tonkinoise ? Ou essaies-tu simplement de jeter un pont entre ces deux mondes ?
J’ai le sentiment que ce travail est une façon tout à fait particulière de réparer, soigner et panser mes propres blessures. En enduisant chaque bandelette de gaze de pansement de pommade odorante faite à partir de pulpe d’orange amère mixée, je renforce l’image métaphorique des corps absents : êtres et lieux. Peut-être que pérenniser le périssable et l’éphémère me permet de remonter le fil du temps. Même le feu participe de cette démarche.

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